Il ne s’agit pas dans cet article de discuter les convergences et les divergences de l’approche par compétence, désormais APC (Roegiers, 2008) mais de proposer d’en vérifier l’efficacité dans la classe de français langue seconde d’enseignement moyen et secondaire au Cameroun. À la lumière du rapport final (Les réformes curriculaires par l’approche par compétences en Afrique, Cros & alii., 2010), des récents travaux de Michel Develay (2015), de Fatima Chnane-Davin et Jean-Pierre Cuq (Dir) (2015) et de Gérard Scallon (2015), on fera une analyse critique de la place de l’approche par compétence dans les programmes et leurs implications sur le terrain notamment en classe. La réflexion articule donc le prescrit dans sa finalité méthodologique à la pratique intramuros réunissant l’enseignant et les apprenants dans le but de vérifier la pertinence ou non de l’APC. L’intention pédagogique dans les établissements moyen et secondaire depuis la dernière réforme de programmes de français (2009/2010) vise clairement à faire acquérir des compétences linguistiques, communicatives et culturelles aux apprenants. L’approche dite par compétences qui y est décrite n’est-elle pas un idéal ? Développer des compétences suppose les conditions posées par trois questions dont la qualité des réponses est certificative. Les enseignants sont-ils formés à cette approche ? Le nombre pléthorique d’élèves dans les classes permettent-elles l’exécution de tâches, d’activités et d’actions nécessaire à l’acquisition de compétences ? Le matériel didactique en usage est-il adapté ? On postule que l’efficacité d’une méthode pédagogique est liée à son adéquation avec son contexte linguistique, culturel et éducationnel. L’article s’appuiera sur l’analyse des documents officiels, sur les résultats d’une enquête par questionnaire et par une observation de terrain. Notre démarche cherche à saisir le bilan dans son aspect immatériel et matérielle de l’efficacité de l’approche par compétence, dans un cadre d’enseignement/apprentissage du et par le français à des enfants qui ne l’on comme langue maternelle/première. Les résultats questionnent les liens entre l’approche par compétence prescrite, les pratiques de classe et leurs conséquences sur les apprenants.