L’école publique de Mogom créée depuis 1958 fait face à un manque criard de salles et de tables-bancs.

L’école publique de Mogom, située dans l’arrondissement de Mindif, département du Mayo-Kani dans la région de l’extrême-Nord a été créée en 1958. Cet établissement scolaire primaire à cycle complet ne dispose que de six salles de classes depuis sa création. Les trois blocs qui le composent affichent un état de vétusté très prononcé. C’est à peine si on ne peut dire qu’ils vont s’effondrer d’un moment à l’autre ou qu’un simple vent peut avoir raison de ses toitures branlantes.

À l’intérieur, ce sont  des troncs d’arbre de nimes qui servent pour seuls équipements. Les élèves qui se battent pour créer leur condition de confort prennent les cours sur les cuisses, regardant de temps en temps sur un tableau qui a visiblement aussi fait son âge. Le chef d’établissement Gonné  Charles se démène comme un beau diable, aidé par ses six collaborateurs enseignants pour encadrer les quelques 700 élèves. Ici le ratio est de 104 élèves par salle de classe. Seuls quelques élèves des cours moyens peuvent se payer le luxe de s’asseoir sur des bancs branlants. Pourtant, les élèves ont visiblement le cœur à l’ouvrage comme en témoigne  leur enthousiasme.

On ne peut s’empêcher de se demander ce qui explique cet état pour un établissement de première heure, âgé de 58 ans, situé lui-même dans un arrondissement de Mindif créé le 31 décembre 1958. Mogom, située également à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Maroua reste une zone fortement enclavée, dont les laborieuses populations éprouvent d’énormes difficultés à se rendre dans la capitale de l’unité administrative Mindif.

Même la ministre de l’éducation de base, venue inaugurer un bloc de deux salles de classe le 30 avril dernier à Mogom, fruit de l’annulation de la dette du Cameroun envers l’Italie a eu une véritable gêne de constater que cette école est vieille de 58 ans d’âge et a produit de nombreuses élites. C’est le village natal de l’ancien maire et actuel député RDPC de Mindif, Haman Tchiouto qui siège à l’hémicycle depuis 4 mandatures.

L’honorable est également député de la communauté des états de l’Afrique centrale (Cemac). Pour le directeur Gonné  Charles, un besoin urgent en salles de classes, en réhabilitation de celles existantes, en tables-bancs et en enseignants qualifiés se fait sentir. Il espère que les rapports y afférents faits à sa hiérarchie et surtout les nombreuses demandes d’appui adressées à la commune et au comité de développement pourront cette fois porter des fruits.